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Monday, 24 July 2017

Vale Cécile Décugis - Mary Stephen's tribute to the film editor for the French New Wave

The film editor Cécile Décugis died on 11 June. Her death seems to have passed largely unnoticed in these parts at least.

Mary Stephen & Cécile Décugis (see link below)
Décugis started work in the late 50s her first credit being on Francois Truffaut’s Les Mistons (France, 1957) and after that she was an integral element of many of the films that remain the key markers of the French New Wave. Her next films were a short for Jean-Luc Godard and then, in the same year the legendary features A Bout de Souffle/Breathless (Godard, 1960) and Tirez sur la Pianiste/Shoot the Piano Player (Francois Truffaut, 1960). The list from then on until her retirement in 1996 is awesome indeed. You can find it here on Wikipedia. Her film-makers included Luc Moullet, Eric Rohmer (nine films), Jean-André Fieschi and Werner Schroeter.

My friend Mary Stephen, who was Rohmer’s editor for the last two decades of his career has written a tribute and published a memorial album of photos on Facebook. It’s in French so I guess the readership here will be limited but nevertheless I am happy to publish it to mark the passing of Cecile Décugis.

Mary writes: Complètement bouleversée d'apprendre la disparition de Cécile ... le mois dernier, que je ne savais pas ...

J'avais débuté en montage d'Eric Rohmer avec Cécile qui a toujours été d'une grande gentillesse avec moi, malgré les avertissements d'Eric à l'époque, "elle fait pleurer tous ses assistants, tu n'as pas peur?"

En janvier dernier, sur un coup de tête, j'avais arrêté ma voiture près de chez elle, en rentrant chez moi depuis Sèvres; on a ensuite passé un après-midi très froid en témperature extérieur mais chaleureux en échanges, sur l'île Séguin, qu'elle avait filmé pendant des années. 

Si Marie-Josette Yoyotte est partie, selon l'Ecran Noir, "dans l'indifférence générale" ... le départ de Cécile Decugis est passé dans le silence total.   Lorsque Rohmer m'avait proposé d'être son assistante sur La Femme de l'Aviateur (surtout afin que je puisse gagner un peu de sous et rester en France), il m'a demandé si j'accepterais un poste d'assistant après avoir réalisé déjà un premier film.  Lorsque j'ai su que Cécile a monté A bout de souffle, qui est pour nous - étudiants de cinéma du monde entier - une oeuvre mythique, j'ai répondu à Eric que je serais trop contente de balayer la salle de montage pour Cécile.

S'ensuivent des années d'amitié, surtout à distance.  Elle ne m'a jamais fait pleurer, au contraire, elle essuyait mes larmes de jeunesse lorsqu'il y a eu une peine de coeur ou qq injustices à mon égard, jeune Chinoise fraîchement débarquée du Canada.  Des trajets en voiture dans son 2CV, pour aller manger un couscous en bas de chez elle dans le 15ème...  une attention délicate toujours (qui surprend ceux qui ne la connait pas), une amitié assez invraisemblable, je suis remplie de regrets de ne pas avoir fait signe, comme j'avais pensé, dès que je suis rentrée en France en mai.  Ce jour-là en janvier, elle avait voulu me retenir plus longtemps, elle m'a fait entrer chez elle, elle m'a passé un DVD de son film sur la démolition de l'usine Regnault sur l'île Séguin.  Auparavant, elle m'avait demandé un avis concernant son nouveau film sur son père, un film court mais long en émotion.  J'étais très touchée par le film qu'elle peinait à finir avec des galères de tous genres, en montage, en format, en mixage ... à l'époque, mes enfants et moi, on s'est dit que c'est incroyable de voir ce bout de femme, à 86/87 ans, garder la foi de création personnelle et porter une oeuvre jusqu'au bout, toute seule ou presque. 

J'aurais tellement voulu lui dire un petit adieu.


Ne jamais rapportez à demain le coup de téléphone que vous pensez donner à quelqu'un ... faîtes-le aujourd'hui, sur le champ.


Credit for Cécile Décugis on Ma Nuit Chez Maud

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